Mission, vision, valeurs : la question qu'on oublie de poser
- Marlène La Rochelle

- 8 juil.
- 3 min de lecture
Presque tout le monde a fait l'exercice. Trois lignes sur un slide de présentation. Une mission réécrite pour la troisième fois parce que la première version « sonnait trop générique ». Des valeurs qu'on étire pour les rendre un peu plus originales que celles du concurrent d'à côté.
Et puis, une fois l'exercice terminé, quelque chose sonne légèrement creux.
Pas par manque d'effort. Par manque du bon point de départ.
Ce que l'exercice classique demande
La structure est connue, presque universelle.
Mission : ce que tu fais, pour qui.
Vision : où tu veux te rendre.
Valeurs : ce en quoi tu crois.
Sur papier, ça tient. En atelier de stratégie, ça se remplit en une heure. Le problème n'est pas dans la mécanique de l'exercice. Il est dans ce que cette mécanique produit.
Elle produit des formulations fonctionnelles. Souvent interchangeables. Un entrepreneur en coaching et un entrepreneur en marketing peuvent arriver à des missions presque identiques, une fois qu'on retire les mots-clés de niche.
« Accompagner les gens à atteindre leur plein potentiel. »
« Aider les entreprises à se démarquer. »
Ce ne sont pas de mauvaises phrases.
Ce sont des phrases qui pourraient appartenir à n'importe qui.
Parce que l'exercice classique part de ce qu'on veut projeter. Pas de ce qu'on porte.
Ce qu'on cherche vraiment en faisant cet exercice
Ce n'est jamais vraiment la formulation que les entrepreneurs cherchent.
C'est autre chose, en dessous.
Se sentir alignés. Avoir un fil conducteur assez solide pour ne pas se réinventer à chaque nouveau projet. Savoir quoi répondre, sans hésiter, quand quelqu'un demande : « Mais concrètement, tu fais quoi ? »
On aborde souvent la question comme si la bonne formulation allait créer cet alignement. Comme si trouver les mots exacts suffisait à faire naître la cohérence.
C'est l'inverse qui est vrai. L'alignement précède la formulation. Il existe avant qu'on lui trouve des mots, ou il n'existe pas du tout, peu importe la qualité de l'écriture.
Ce qui manque, dans l'exercice classique, c'est l'étape d'avant : l'Origine. Le point de départ qui n'est pas une ambition de marché, mais une conviction personnelle.
Celle qui existait avant l'entreprise, parfois avant même l'idée d'en fonder une.
Ce que ça change, de commencer là
Quand une entreprise connaît son Origine, quelque chose se déplace. La mission et la vision cessent d'être des constructions. Elles deviennent des dérivés naturels de quelque chose de déjà vrai.
La différence se sent avant même de s'expliquer. Entre « aider les entrepreneurs à développer leur marketing » et « aider les entrepreneurs à clarifier qui ils sont vraiment, pour que leur marketing reflète enfin ce qu'ils incarnent, à partir d'eux, pas des tendances », il y a l'écart entre le fonctionnel et l'incarné.
Le premier décrit une activité. Le deuxième révèle une raison d'être.
Après le travail de l'Origine, la phrase a changé de nature. Ce n'était plus une description de service. C'était une conviction, celle que la reconnaissance de soi précède toujours la solution, qui expliquait pourquoi Nectar existe sous cette forme précise et pas une autre.
Le service n'avait pas changé. Ce qui le portait, oui.
Et si la question n'était pas la bonne depuis le début
Le problème avec les exercices classiques de mission, vision, valeurs n'est pas qu'ils sont faux. C'est qu'ils commencent à la mauvaise question. Ils demandent : que fais-tu, et pour qui ? Avant de demander : d'où viens-tu, et pourquoi est-ce que ça compte ?
Si cet angle te parle, Les Racines est l'outil que j'ai construit pour faire ce travail.


Commentaires